Édition Ravensburger :
Revivre les tensions des courses de char de Ben-Hur, aux rênes
de votre quatre-chevaux monoplace,
c 'est ce que vous propose Ave Caesar, jeu à la
fois de course et d'enfoirés. S'il n'y avait pas le deuxième
aspect, il pourrait paraître un peu fade (en ce sens,
Rome
- Circus Maximus lui est supérieur). Mais en tant
que mélange des deux genres, il excelle. Quel plaisir
de pourrir l'avancée des autres joueurs en provoquant
des bouchons dans les passages étroits et en forçant
ainsi ceux qui n'ont pas de faibles cartes en main à
passer leur tour.
Le côté tactique est indéniable, d'une part
à cause de l'utilisation des cartes qui doit être
optimisée (même s'il est vraie qu'elle est dépendante
du tirage), et surtout par la façon dont ont été
conçus les circuits : les goulots d'étranglement
sont bien disséminés, et même s'il est souvent
possible de doubler ses adversaires, on est souvent poussé
à le faire dans l'extérieur des virages, ce qui
allonge les tours de pistes de quelques cases.
Et c'est là où l'auteur d'Ave Caesar a
fait très fort : le nombre total de cartes par joueur
est conçu de telle manière que l'on peut être
disqualifié par abandon un peu avant la ligne d'arrivée
si l'on a trop souvent fait les extérieurs. C'est ballot
quand ça arrive, principalement par la faute des concurrents
qui ont tout fait pour bloquer l'accès aux voies rapides.
Ave Caesar est un jeu dans la pure ligné de Hase
& Igel : gestion des cartes et coups tordus en
donnent tout le piment. Si vous avez l'occasion de vous le procurer
à prix raisonnable (il ne vaut tout de même pas
le prix excessif qu'il atteint souvent aux enchères),
et en attendant une éventuelle réédition,
n'ayez pas la moindre hésitation.
Édition Ubik :
Voici une petite comparaison des deux versions :
· les règles sont identiques
dans les deux éditions : seule une variante pour
deux joueurs a été rajoutée, ainsi que
la possibilité de jouer avec plusieurs chars par joueur
lorsqu’on est trois ;
· esthétiquement, la nouvelle
version est un peu plus travaillée, l’harmonie
des couleurs plus réussie. Seuls les chars et les pièces
sont restés identiques à la version initiale (avec
des tons un peu plus vifs toutefois), ce qui fait très
bizarre après avoir lu les règles : les illustrations
des pions sont superbes sur le papier et les figurines font
pâle figure à côté ;
· enfin, concernant les circuits :
il n’y en a plus que deux dans la boîte, contre
quatre auparavant. L’un a une amplitude de 25 à
31 cases par tour (dans les standards de l’ancienne version),
tandis que l’autre est plus court avec une amplitude de
24 à 28. Le circuit le plus court se joue vraiment différemment,
puisqu'on ne peut jamais être à court de cartes
pour le finir, sauf si l'on a pris constamment tous les extérieurs
pendant 3 tours. Ces nouveaux circuits se jouent donc de manière
assez différentes.
En conclusion, cette réédition tant attendue d'Ave
Caesar comblera sans aucun soucis les gens ne disposant
pas de la première édition. Ces derniers garderont
leur précieux, sachant que les deux éditions se
valent réellement.