Voici l'une de mes plus agréables surprises ludiques :
je savais
Dos Rios esthétiquement très
réussi, mais le système de jeu me paraissait plutôt
simple et pas franchement enthousiasmant à la lecture des
règles. Pourtant, l'auteur de
Trans
America et
Hellas nous a
pondu cette fois-ci un jeu simple, vraiment très original,
où tactique et opportunisme avancent main dans la main.
En fonction des divers décomptes provoquant rentrées
d'argent et/ou acquisition de nouveaux barrages, les joueurs doivent
détourner judicieusement le cours de deux fleuves (le Rio
Verde et le Rio Moreno), positionner leurs campesinos sur les
terrains les plus avantageux, quitte pour cela à éjecter
du plateau les campesinos adverses, et enfin construire fincas
et haciendas à des endroits stratégiques (sachant
que la construction de ces bâtiments est également
étroitement liée à la victoire).
Le pendant de ce côté tactique et que la physionomie
du plateau de jeu est sans cesse bouleversée d'un tour
à l'autre : tout est en effet dépendant du tracé
des deux fleuves, et puisque celui-ci change constamment, il est
inutile de faire des prévisions à long termes. Ce
qui compte est d'optimiser les points de déplacement de
vos campesinos lorsque revient votre tour : le vainqueur sera
alors le joueur ayant le mieux réussi dans cette tâche.
Dos Rios est un jeu superbe : même si l'interaction
n'est pas son principal atout, le plateau sans cesse changeant
(du fait de l'écoulement des deux fleuves qui est constamment
détourné), les nombreuses manières de gêner
ses adversaires et les parties sans cesse différentes (du
fait de la construction même du plateau de jeu, un peu à
la manière des
Colons
de Catane) font du jeu une petite merveille ludique.
A posséder sans faute, ne serait-ce que pour le thème
et la mécanique géniale associée.