Je l'avoue d'emblée : je ne suis pas fan de Dungeon
Twister, même si je lui reconnais d'indéniables
qualités. Comme beaucoup, je pense qu'il s'agit de la meilleure
création de Christophe
Boelinger, mais elle n'est indéniablement pas faite
pour moi.
J'ai donc préféré le soin, exceptionnellement,
de laisser rédiger les avis sur ce jeu et ses extensions
par une autre personne, Lord Pepper
, personne de toute
confiance et grand maître es-Dungeon Twister.
Jeu de base :
C'est dans une Soirée-Jeu que j'ai découvert
Dungeon
Twister. Attiré par le design et le thème de
la boîte, je me suis lancé dans une partie avec un
autre volontaire sans avoir bien compris les règles, si
bien que la première partie fût loin, très
loin, d'être satisfaisante. Ne nous laissons pas décourager
pour si peu ! Quelques jours plus tard, après avoir
pris le temps de bien lire les règles, je me relance dans
le donjon. Et ce fût un régal !
Posons clairement l'intérêt du jeu : l'anticipation.
Au collège et au lycée, j'étais un amateur
des
Echecs et, chemin faisant, j'en ai quelque peu
abandonné la pratique. Avec
Dungeon Twister, je
retrouve ce plaisir, peut-être pas partagé par tous,
de calculer à l'avance les coups de l'adversaire et d'y
adapter sa propre stratégie. Avec la pratique, on apprend
à prendre en compte des paramètres aussi variés
que la mobilité des salles du Donjon, les pouvoirs de chaque
personnage, leur vitesse, le nombre d'actions que votre adversaire
peut encore jouer et surtout sa capacité de combat.
Un système de handicaps (à la manière du
Jeu de Go) est d'ailleurs prévu
pour permettre aux débutants d'affronter des experts ayant
appris à gérer chaque paramètre du jeu.
Le matériel est plutôt bien fichu (même si
la boîte ne prévoit que peu de rangements), mais
le design et le thème peuvent parfois desservir le jeu :
certains, attirés par la perspective de taper du monstre
dans un donjon, peuvent très vite déchanter devant
ce jeu où le fun est plutôt absent (même si
les combats, mélange de gestion et de bluff, apportent
leur lot de tensions).
Dungeon Twister est résolument un jeu de réflexion
où les engrenages du Donjon font écho à ceux
de vos méninges.
Paladins & Dragons (extension n°1) :
La première extension pour
Dungeon Twister,
Paladins
& Dragons, apporte de nouveaux personnages, de nouveaux
objets et de nouveaux types de terrains. Je n'ai peut-être
pas encore assez joué avec l'extension pour apprécier
pleinement les nouveaux terrains, mais je trouve qu'ils créent
des situations de blocage parfois un peu lassantes et qu'ils augmentent
la faible part de hasard du jeu à un stade pouvant lui
nuire (imaginons le déséquilibre créé
par la présence de toutes les fontaines de jouvence et
de la salle du pentacle dans le périmètre d'action
immédiate d'un des joueurs).
Par contre, pour les nouveaux personnages et les nouveaux objets,
c'est du tout bon. D'abord parce qu'ils sont bien, tout simplement,
mais surtout parce qu'ils offrent la possibilité de varier
les équipes d'aventuriers et donc de ne pas toujours voir
s'affronter les mêmes personnages. La stratégie de
chacun peut donc trouver un écho dans la "team"
qu'il aura composée (plutôt "gros bourrin"
ou plutôt "couard" ?) et s'adapter à
la stratégie de l'adversaire devient un vrai casse-tête.
Il est même possible de lancer quelques ébauches
de scénarii pour diversifier encore plus les parties. Avec
tout ça, on n'est pas prêt d'en sortir de ce donjon !