Le nom de Bruno Faidutti étant très souvent associé
dans ses jeux à un univers fantastique, on ne peut qu’être
surpris de voir qu’il n’en est rien dans
La
Fièvre de l’Or. Ici, les joueurs doivent
enchérir pour obtenir les concessions minières possiblement
les plus rentables.
Les deux Bruno nous avaient déjà séduit l'an
passé avec
Le Collier
de la Reine et en début 2004 avec
Iglu
Iglu ; voilà qu'ils récidivent avec
un jeu d'un tout autre genre. Ici, plus question de chasse à
l'ours ou de beaux colliers de perles, seules comptent les pépettes
(ou les pépites plutôt).
La Fièvre
de l’Or est en effet avant tout un jeu d’argent.
Un jeu jubilatoire certes, mais d’argent tout de même.
Et à ce titre, il figure tout en haut de la liste, aux
côtés des meilleurs du genre.
Les auteurs ont admirablement su utiliser et assembler des mécaniques
éprouvées, tout en les modifiant de manière
subtile : la probabilité des jets de dés (déjà
vue, entre autres, dans
Les
Colons de Catane) à chaque fin de tour peut influer
sur le choix des joueurs, les enchères à la manière
du Poker, le choix des cartes dans le sens horaire et la répartition
de l’argent dépensé entre ses adversaires
dans le sens anti-horaire sont deux idées simples mais
extraordinairement efficaces. C’est un vrai plaisir de voir
tourner le jeu et de s’impliquer à fond dans l’achat
des concessions et des cartes Action (qu’il est décidément
préférable d’acheter plutôt que de les
voir utiliser contre vous).
Magnifiquement illustré par Kara, jeune auteur de bande
dessinée qui s’essayait pour la première fois
à l’illustration d’un jeu de société,
La Fièvre de l’Or ne pourra qu’emballer
les amateurs de jeux d’argent, au thème fort, à
la tension palpable, aux rebondissements occasionnels mais toujours
succulents (pour qui ne les subit pas…). Un jeu vraiment
superbe.