Keythedral, c'est un peu les
Colons
de Catane pour grandes personnes consentantes :
peu de hasard, pas de dés, plus de réflexion.
Les similitudes sont pourtant nombreuses au premier abord :
. plateau formé d'hexagones ou d'octognes
et disposé différemment à chaque partie ;
. récolte régulière
de ressources ;
. troc et utilisation des ressources pour
construire et acquérir des biens.
Mais l'analogie s'arrête là, car en y regardant de
plus près, on s'aperçoit que la construction du
plateau de jeu est une étape à part entière
dans le jeu : il est aménagé par l'ensemble
des joueurs qui vont y disposer leurs fermes aux endroits les
plus avantageux (ou les moins néfastes, c'est selon). Toute
erreur de placement peut s'avérer très pénalisante
pour la suite.
De même, la récolte des ressources est liée
à un système de placement vicieux favorisant une
interaction forte entre les joueurs (principalement du blocage).
Enfin, le seul hasard du jeu se trouve dans l'achat des cartes
Loi, toutes puissantes, mais dont on ne connaît la teneur
qu'au moment de l'acquisition. Mais ce hasard peut être
maîtrisé car d'une part, il y a toujours moins de
cartes disponibles à chaque tour qu'il y a de joueurs,
et d'autre part l'achat d'une telle carte Loi implique l'arrêt
du tour de jeu pour l'acheteur (on est donc sans arrêt
partagé entre divers choix).
En bref,
Keythedral est une merveille fortement recommandée
à ceux qui cherchent :
. des règles simples ;
. une mécanique intuitive et astucieuse
;
. un jeu de gestion poids moyen (les références
lourdes étant
Age
of Steam ou
Funkenschlag) ;
. une grande richesse tactique ;
. des parties sans cesse renouvelées ;
. un matériel splendide (on en n'attendait
pas moins pour un jeu de l'auteur de
Morgenland) ;
. un jeu relativement rapide (moins de
1h30).
Petite mise en garde : la version française du
jeu n'est distribuée qu'en boutique française (ne
vous fiez pas au boîtage international du jeu, commun aux
versions allemande, anglaise et française).
Modification du 30/08/06 :
Après quelques mois de repos dans son placard,
je révise la note de
Keythedral à
la baisse : les parties se trouvent être moins prenantes
qu'au tout début. Le plaisir de jeu est certes toujours
là, mais il manque un petit je ne sais quoi qui ne rend
plus le jeu, après quelques parties, aussi passionnant
qu'il m'avait semblé au départ.