Magna Grecia est
le jeu que j'attendais depuis vraiment
très longtemps : le jeu qui pour moi arriverait au niveau
d'
Euphrat
& Tigris ou
Löwenherz.
Et je crois bien l'avoir trouvé avec ce petit chez d'uvre.
Le fruit de collaboration de ces deux grands auteurs est une pure
merveille.
Magna Grecia n'est pas réellement novateur puisqu'il
utilise des mécanismes qui ont déjà fait
leur preuve, mais qui ont génialement été
intégrés à un thème très présent
(l'émergence d'une civilisation) : un ordre de jeu différent
à chaque manche (mais totalement équilibré
sur l'ensemble d'une partie), des points de victoire qui servent
également de monnaie pour les constructions (il faut savoir
en dépenser pour mieux en gagner), le contrôle des
Oracles par majorité absolue, etc.
Certains aspects de
Magna Grecia rappellent des jeux de
Reiner Knizia (ce qui est très flatteur) : les Oracles
font tout de suite penser aux oasis de
Durch
die Wüste, on place des routes comme l'on construirait
des voies ferrées dans
Stephenson's
Rocket.
Le seul défaut du jeu (mais qui reste minuscule à
côté de toutes ses qualités) est la lisibilité
du plateau : les routes jaunes et oranges ne se différencient
pas assez, surtout sur une carte dont la couleur dominante est
le... jaune ! De même, on peut passer beaucoup de son temps
à compter toutes les routes qui convergent vers une ville.
Suivez donc impérativement les judicieux conseils de
François
Haffner qui recommande de surligner au feutre les bords des
routes et utilisez des dés dans chaque ville afin d'indiquer
le nombre de ses connexions distinctes : ça marche à
la perfection !
Magna Grecia s'adresse avant tout à ceux que le
hasard dérange, qui aiment se triturer les méninges,
qui adorent les jeux de connexion et de pose de tuiles. Les choix
à faire sont toujours difficiles car nombreux, mais les
tours de jeu se déroulent de manière plutôt
fluide. Le prix, ridiculement petit pour une boîte de cette
taille, finira sans doute de convaincre les plus réfractaires...
Magna Grecia est un très grand jeu !