Malgré un matériel somptueux qui ne demandait
qu'à être manipulé avec plaisir, la lecture
des règles de Manilla m'avait presque endormi,
tellement le jeu me semblait poussif et hasardeux. Pour cette
raison, et le fait que je ne sois pas un inconditionnel de l'auteur,
il était longtemps resté sur mes étagères.
Lors d'une soirée jeux, ce fut l'occasion de faire prendre
l'air à la boîte et d'y jouer enfin.
Passée la première demie-heure de déchiffrage
de règles avec matériel à l'appui (il y
8 pages pour un jeu somme toute plutôt très simple !),
il ne tarde qu'une seule chose aux joueurs : commencer
une partie pour voir si le jeu est aussi prometteur qu'il semble
l'être. Et c'est bien le cas : Manilla est
un pur jeu de prises de risques, avec plein de hassard dedans,
mais surtout très fun et au thème convainquant.
Dans Manilla, tout y est millimétré :
. les enchères pour devenir premier
joueur et tous les avantages qui en découlent (et ils
sont nombreux) ;
. le hasard dans les jets de dés
qui forcent à tenter la chance de nombreuses fois (un
peu comme dans les jeux de casino), l'ambiance des parties étant
là pour vous forcer la main : on n'est pas souvent
raisonnable, ce qui induit des retours quelques fois heureux,
souvent cinglants - mais si ça passe, c'est tout bénef ;
. le côté tactique du jeu
qui est loin d'être en reste : il faut savoir saisir
les opportunités, placer ses pions de manière
à bloquer ses adversaires, jouer en fonction de la côte
des actions des marchandises, etc.
Grands stratèges, passez votre chemin : Manilla,
c'est du fun en grosse boîte, du plaisir rien que pour
les grands, un jeu d'ambiance plutôt tactique. Bref, un
jeu pour ceux qui aiment les risques insensés et faire
bisquer les autres lorsque la chance leur sourit. Une très
belle découverte.
A noter toutefois que les parties à 5 joueurs sont un
peu longues par moment (on est loin des 60 minutes indiquées
sur la boîte).