Il y a quelques mois, j'avais joué deux ou trois parties
de la première mouture du jeu éditée à
250 exemplaires sous le nom
Une Ombre sur Whitechapel.
J'avais beaucoup apprécié, mais n'ayant pas pu approfondir,
je n'en avais pas parlé. La venue récente de
Mr.
Jack dans ma ludothèque a pu changer la donne :
j'ai enfin pu y jouer de nombreuses fois depuis.
Ma première impression s'est ainsi vu confirmée
et même bonifiée : d'un jeu qui me semblait plutôt
bon, j'en suis arrivé à le considérer comme
totalement indispensable.
Mr. Jack est un OVNI dans les jeux pour deux :
il se situe en effet entre le jeu de déduction, le jeu
de plateau et le jeu à ambiance. Graphiquement très
réussi, on est dès les premières minutes
plongé dans une atmosphère de suspicion assez géniale.
Le matériel est aussi là pour constamment nous rappeler
que le plaisir tactile ne doit pas être en reste dans un
jeu. Par exemple, là où de simples cartes auraient
été suffisantes, l'éditeur a tenu à
fournir de grandes et épaisses tuiles cartonnées
du plus effet. Ces petits plus à l'attention du joueur
rendent au final le jeu encore plus attractif et plaisant à
jouer.
Concernant la mécanique, elle tourne au millimètre
près. L'enquêteur déplace les protagonistes
afin de pouvoir faire les déductions les plus fines possibles,
tandis que Jack fait en sortir que l'enquête traîne
en longueur tout en essayant de s'échapper subtilement.
Bluff et course poursuite en sont les principaux ingrédients.
C'est Jack qui a incontestablement le rôle le plus difficile,
mais c'est aussi le challenge du jeu et cela fait grandement partie
du charme.
Mr. Jack est un jeu qui semble enthousiasmé beaucoup
de monde sur la toile. Je comprends parfaitement cet engouement
mérité, mais il ne faudrait pas non plus oublier
que les deux auteurs ont également sévi ensemble
sur un jeu que j'adore tout autant personnellement, même
s'il est plus décrié autre part :
Cléopâtre
et la société des architectes. Si vous ne le
connaissez pas, essayez-le d'urgence, ne serait-ce que pour vous
faire une idée de ce que peuvent produire ensemble les
géniaux
Bruno
Cathala et
Ludovic
Maublanc.