Dès la première partie,
Ponte del Diavolo
fait indéniablement penser à
TWIXT,
l'une des plus belles création du regretté
Alex
Randolph. On doit essayer de relier entre elles les diverses
îles de Venise que l'on construit au fur et à mesure
de la pose des pièces carrées à sa couleur.
Le système de pont dans
Ponte del Diavolo
permettant d'effectuer les liaisons entre les îles est ce
qui se rapproche le plus (sans en être une copie) de la
pose des pions dans
TWIXT.
La mécanique est simple, les choix à faire très
nombreux (on peut jouer n'importe où sur le plateau de
jeu, pour s'étendre, gêner son adversaire, où
placer l'un des ponts communs aux deux joueurs), et la naissance
de ces îles est plutôt esthétique.
Cet hommage affirmé rendu par
l'auteur
est on ne peut plus réussi. Ce dernier réussit même
à rendre le jeu d'emblée plus ludique que son illustre
ancêtre, car moins austère, moins épuré,
et surtout moins exigeant. Dans
TWIXT
on n'aperçoit très vite de la perte d'une partie,
trop vite même pour que le jeu puisse attirer un vaste public.
Sauf dans le cas d'erreurs flagrantes qui vous ont fait perdre
trop de temps,
Ponte del Diavolo permet de revenir
plus facilement dans la partie si l'on sait saisir les opportunités
qui se présentent.
Les puristes préfèreront sans doute au final le
modèle original, mais
Ponte del Diavolo
possède bien des atouts pour séduire de nombreux
amateurs de jeux abstraits.