Avis sur le jeu 
Nombre de parties jouées : + de 10 - Configuration(s)
: 2, 3, 4 et 5 joueurs
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Tadsch Mahal est l'un des plus gros jeux
et des plus intéressants de la gamme Alea, avec Les
Princes de Florence et Puerto
Rico. C'est également l'un des plus frustrants. À
la fois jeu de gestion de cartes et jeu de placement, on doit
sans cesse lutter sur plusieurs fronts afin de s'en tirer le mieux
(ou le moins mal) possible.
Je n'aurais pas lu sur le web que le jeu de cartes Camelot,
du même auteur, était issu de la phase de pose de
cartes de Tadsch Mahal, je ne m'en serais jamais rendu
compte : autant Camelot
est jeu où les choix à faire sont très souvent
imposés par la configuration du jeu, autant les surenchères
à base de cartes de Tadsch Mahal sont d'une finesse
inouie, avec une prise de risques constante. Il faut savoir se
retirer à temps, quitte à ne pas gagner de bonus,
pour être le premier à refaire sa main et prendre
les cartes (visibles de tous) les plus intéressantes.
De plus, le fait de se retirer en cours de manche en défaussant
toutes ses cartes jouées peut engendrer des majorités
fort convoitées par un adversaire (si vous étiez
à égalité sur un domaine, en défaussant
vos cartes, il devient automatiquement majoritaire) : c'est vicieux
et cela tourne admirablement.
Le placement d'un palais est toujours très difficile et
peut avoir de grandes conséquences sur le reste d'une partie
: faut-il placer un palais sur une ville un peu à l'écart
pour y récupérer un jeton bonus, ou plutôt
à la croisée de provinces de manière à
faire la chaîne la plus longue possible de palais à
sa couleur (mais on est alors privé des jetons bonus) ?
A noter également qu'être le dernier joueur d'une
manche est souvent un avantage : en fonction des cartes jouées
par vos adversaires, vous pouvez essayer de maintenir des égalités
sur plusieurs domaines à la fois, de manière à
forcer vos adversaires à se retirer avant vous et à
vous céder plusieurs majorités d'un coup.
Il peut être très frustrant que la victoire se joue
sur une partie de poker dans la dernière manche, quand
on n'a pas forcément bien géré sa main de
cartes. Il fallait anticiper et refaire sa main en conséquence.
De plus, le jeu étant riche, sans être complexe,
les règles sont un peu difficiles à expliquer aux
nouveaux joueurs : faire un tour de jeu en introduction est sans
doute le meilleur moyen pour en comprendre mécanismes et
subtilités.
Tadsch Mahal est très certainement l'une des plus
belles réussites de l'auteur. Prévu pour 3 à
5 joueurs, le jeu se révèle également excellent
à 2 joueurs en utilisant la variante ci-dessous. Totalement
dépourvu de texte allemand sur son matériel, vous
n'avez aucun raison de bouder un tel bijou.
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