En tant que courtiers, amassez des gemmes, engagez des personnages
donnant droit à des bonus, gagnez des points de victoire
lorsque vous êtes majoritaire dans une couleur de gemmes.
Voilà en gros le principe de Ys, jeu purement
abstrait (ne vous y trompez pas).
L'illustration de la boîte, bien que jolie, ne donne malheureusement
aucune idée réelle sur le type de jeu auquel on
a affaire. Pire, ça ne le rend pas vraiment attractif,
tellement on n'a pas l'impression d'avoir affaire à un
jeu. C'est bien dommage car le jeu vaut réellement le
détour.
C'eut pu être un jeu de Reiner
Knizia (mécanique ultra huilée pour un jeu
au thème parfaitement fantaisiste, multiplicité
des façons de gagner des points de victoire), mâtiné
d'un peu de Bruno
Faidutti, grand amateur de bluff devant l'éternel
(jouer ses pions tantôt faces cachées, tantôt
faces visibles, rend le jeu quelques fois imprévisible,
mais sans jamais le rendre toutefois chaotique : certains
retournements de situation bien sentis sont donc à prévoir
si vous n'y faîtes pas attention). Le système d'enchères
à deux pions pour l'ordre du tour de jeu, pondéré
par le dernier pion inutilisé qui vient s'ajouter aux
deux précédents et déterminer ainsi la
mise finale pouvant briser les égalités, est hyper
astucieux et permet d'adapter continuellement sa stratégie
en fonction du jeu de ses adversaires.
Il n'y a pas de planification à long terme, pas de longueur
dans les phases de jeu, juste beaucoup d'intuition et de bluff.
Ys est donc un jeu aux mécanismes riches, mais
dont la fluidité exemplaire induit des parties rapides
et sans temps mort : rien n'est prise de tête, tout
est limpide. Dit de manière plus simple : c'est
super !
Ys est la toute première création d'un
jeune auteur parisien, bien ancré dans le milieu du jeu,
puisque travaillant dans une dynamique boutique parisienne de
jeux de société.
Pour un coup d'essai, c'est réellement un coup de maître.
Bravo à toi, Karis.